J’ai essayé pour vous… Les loyautés

Les loyautés

Les loyautés est paru aux éditions JCLattès en Janvier 2018. Il est disponible depuis cet été aux éditions le livre de poche. Il se classe 2e/18 des livres les plus populaires de l’année 2018 sur l’échelle Babelio. 

L’histoire

Hélène est prof de SVT dans un collège. Enfant, elle a été battue par son père. Elle a l’intuition que Théo a des ennuis et s’imagine qu’il est battu. Elle outrepassera son cadre professionnel.

Théo est collégien. Il cherche une échappatoire à sa situation familiale compliquée au travers de l’ivresse de l’alcool qui lui permet temporairement d’oublier.

Cécile est mère de collégien. Elle consulte depuis peu car s’est rendue compte qu’elle se parlait à elle même. Elle a honte du milieu d’où elle vient, de son père alcoolique. Enfin elle vient de se rendre compte dernièrement que son époux a une zone d’ombre qu’elle méconnaissait et qui l’horrifie.

Mathis est le fils de Cécile et le meilleur (seul) ami de Théo.

Les loyautés respectives de ces quatre personnages vont les pousser à faire des choix discutables. Hélène n’est pas objective vis à vis de Théo, au risque de passer à coté du vrai problème. Par loyauté vis à vis de son père, Théo passe sous silence la situation dramatique dans laquelle il se trouve et porte une responsabilité trop lourde pour son âge. Cécile par honte d’être le vecteur qui a poussé Mathis dans la boisson n’ira pas creuser au fond du problème. Mathis ne dira rien ni à sa mère ni à leur professeur de la situation de Théo bien qu’il se rende compte que boire n’est plus juste un jeu. Il ne veut pas trahir les secrets de son ami.

L’écriture

Delphine de Vigan donne un rythme rapide à son récit. Les personnages ne se perdent pas en circonvolutions et états d’âmes sans fin. Il se lit de fait très facilement et rapidement. En une soirée vous l’aurez terminé. On se rapprocherait presque du format de la nouvelle.

Vous alternerez de chapitre en chapitre entre les points de vue des quatre protagonistes.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui tranche dans le vif du sujet sans ressentir le besoin d’en faire des tonnes juste pour faire durer et noircir des pages.

J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent Dis-moi

Dis-moi

Dis-moi, de May Angeli, fait partie de la liste de référence Eduscol en Littérature pour les élèves du Cycle 3.

C’est un album illustré paru aux éditions du Sorbier en 1999. Cette maison d’édition ayant depuis disparu il devient compliqué de se le procurer.

De façon systématique le texte sera sur la page de gauche et l’illustration sur la page de droite.

L’histoire de Dis-moi

C’est une lecture que j’ai trouvé relativement difficile. A réserver donc pour un lecteur de bon niveau, sinon l’accompagner dans sa lecture. Elle se présente sous la forme d’un dialogue entre une mère et son fils.

Ils sont tous deux sur une barque en train de préparer des filets. Face à eux, une montagne à deux cornes. Tandis que la mère travaille, son fils lui pose des questions relatives à l’arrivée par la mer des premiers habitants fondateurs de la ville. L’objet des questions n’est pas aussi explicite, et ce n’est que d’indice en indice que l’on arrivera à se faire une idée précise du contexte.

Les questions sont sous la forme du « et si… ». Et si il y avait eu du brouillard? Si le vent du sud avait soufflé? Et si ils avaient reçu la grande pluie d’automne? Et si à cause de la brume ils n’avaient pas vu la montagne?

Ce à quoi la mère adapte l’Histoire en fonction de l’événement.

En fin d’Album un encart nous éclaire en faisant référence à la légende de Didon l’Errante qui débarqua avec son équipage en face de la montagne à deux cornes et y bâtie Carthage.

Les illustrations

May Angeli accompagne son texte de dessins au pastel gras. Ils représentent tous la montagne à deux cornes. La météo est fonction du « Et si? » soulevé par le garçon.

Les illustrations aident ainsi à la compréhension du phénomène climatique mentionné et de la décision conséquente qui aurait pu être celle des marins.

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?

J’ai essayé pour vous…Le Lambeau de Philippe Lançon

Le lambeau

Le Lambeau est classé 9e/18 des livres les plus populaires de l’année 2018 selon Babelio. Ce roman est paru aux éditions Gallimard en Avril 2018. Il a remporté le prix Femina la même année. Il paraîtra en format poche, toujours chez Gallimard, en Janvier 2020.

A quoi s’attendre ?

Philippe Lançon est journaliste à Libération et Charlie Hebdo. Il fait partie des survivants de l’attentat visant le journal satirique, laïque et joyeux. Son visage est mutilé. Une balle a emporté une bonne partie de la mâchoire.

Son récit autobiographique débute la veille de l’attentat contre Charlie Hebdo et se termine le jour de l’attentat au Bataclan.

Une grande partie de cette période se déroule dans l’univers hospitalier de la Pitié Salpêtrière où le service de chirurgie maxillo-faciale oeuvre de son mieux pour le reconstruire physiquement. Tandis que lui doit se reconstruire moralement, avec le soutien de sa famille, de ses amis, la musique, l’écriture et les livres.

Le lambeau fait référence au terme technique utilisé par le corps médical.

L’écriture

Chroniqueur de sa propre reconstruction, M Lançon ne fait pas dans l’auto-apitoiement. Il décrit, 3 ans après l’événement, de façon quasi distanciée, les états d’âme qui l’on parcouru aux différentes étapes de son nouveau lui. Avec beaucoup de bienveillance et d’humanité.

Ceux du jour même. L’horreur. La trouille. La mort.

Ceux du survivant qui doit continuer à vivre pour redevenir plus proche des vivants que de ceux qui ne sont plus.

Un témoignage poignant. D’un point de vue historique mais surtout humain. L’expression également de sa reconnaissance vis à vis de tous ceux qui l’ont porté: les proches, le personnel médical, les policiers qui ont composé sa garde rapprochée.

A lire. Parce que cet attentat a constitué un tournant dans l’histoire de notre pays. Pour sa portée littéraire car il est incroyablement bien écrit. Le maelstrom de sentiments contraires qui sont les siens pendant cette épreuve, flirtant avec la folie sans jamais y succomber, forcent le respect.

J’ai essayé pour vous…La jeune fille et la nuit de Musso

la jeune fille et la nuit

Cette année encore, la liste Babelio des livres les plus populaires de l’année écoulée compte un roman de G. Musso. La jeune fille et la nuit parait initialement en 2018 aux éditions Calmann Levy puis en 2019 aux édition Le livre de Poche.

L’histoire

Ambiance bal de promo à l’américaine. Dans le décor très bourgeois de la Cote d’Azur.

Les événements se déroulent en Mai 2017. Le campus prestigieux local organise une grande manifestation où les anciens sont conviés. L’histoire s’attachera plus particulièrement à la promo de 92 et se centre autour du personnage de Thomas.

Autour de lui plusieurs histoires satellites d’amours, de vengeances et de crimes passionnels. La promo 92 compte bon nombre de squelettes dans les placards qui resurgissent 25 ans après.

Mon humble point de vue

On retrouve l’écriture facile déjà évoquée lors du billet sur le roman Un appartement à Paris. Avec une intrigue qui se dévoile de fil en aiguille un peu trop rapidement. Le suspens n’a pas le temps de prendre place. A classifier dans le genre Anglo-saxon du Campus Novel.

Malgré les efforts de l’auteur pour montrer Thomas sous l’apparence d’un garçon différent des autres, plus sensible, amoureux des livres, un peu solitaire, je ne me suis pas attachée à ce personnage. Je l’ai trouvé extrêmement égoïste en définitive.

L’auteur a insufflé je trouve beaucoup plus de soin dans l’écriture des passages descriptifs des différents lieux visités. On ressent un réel attachement de sa part à la région de son enfance, ainsi que le souhait de le partager. Et pour le coup s’est réussi, et donne envie d’aller y passer quelques jours.

Concrètement le roman aurait mérité d’être étoffé pour gagner en profondeur. Ce qui n’est pas possible en définitive lorsqu’on escompte la parution d’un nouveau roman chaque année. D’autant plus lorsque l’on sait que ce minimum syndical est suffisant pour satisfaire un public déjà conquis.

Ce roman a constitué néanmoins un moment de lecture ludique le temps d’un weekend.

Et vous? Fan inconditionnel de G. Musso ou lecteur plus réservé?

J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent Le doudou des camions poubelles

Le doudou des camions poubelles

Je suis d’accord ce n’est pas vraiment poétique. Mais je le trouve marrant ce petit livre. Le doudou des camions poubelles de Ati est initialement paru aux éditions Thierry Magnier. Depuis il est édité à petit prix chez Acte Sud.

Il s’adresse aux enfants des années Maternelles (3-5 ans). Ils pourront le redécouvrir en première lecture seul au CP.

L’univers graphiques

Des photographies juxtaposées façon bande dessinée animent l’histoire. Leur coloration a été reprise avec une dominance du vert. Car le camion poubelle « il est gros, il est fort, il est vert. » Je ne sais pas si c’est toujours le cas mais manifestement à la première parution de ce livre (2006 quand même) ainsi étaient ceux de la Mairie de Paris.

Y est ajouté le personnage du doudou, le singe orange dont on va suivre l’aventure.

L’histoire

Les enfants aiment les histoires de doudou. On en a déjà évoqués ensemble avec nos beaux doudou et le mange-doudous par exemple. Ici on y associe en plus un gros véhicule. Les camions, qu’ils soient de pompier, de chantier ou d’ambulance, ont souvent la cote à cet âge.

Alors pourquoi ne pas mettre un peu en avant celui des camions poubelles? Avouons qu’il est impressionnant. Il fait beaucoup de bruit. Dégage une drôle d’odeur. A quoi bon tout ce raffut? L’occasion au passage de découvrir le devenir des déchets une fois jetés à la poubelle. Découvrir également un métier. Et commencer à toucher du doigt des notions de recyclage.

Leur raconter des histoires pour les faire rêver c’est très important. Leur raconter de temps en temps aussi la vraie vie pour qu’ils comprennent ce qui les entoure, c’est important aussi.

C’est le pari fait ici par Ati. On va donc suivre les péripéties du doudou qui s’est retrouvé à la poubelle (Lucie a grandi et n’a plus besoin de son doudou). Il va croiser d’autres ordures dans son parcours dans le camion puis va arriver dans une grande usine où les déchets sont incinérés. Ouf le doudou est lâché par la pince à coté. Trois éboueurs le trouvent et en font la mascotte de leur camion (oui parce que bon c’est quand même une histoire on ne va pas le brûler XD).

Dans la première moitié de l’album on retrouve les classiques de la narration enfantine avec les ritournelles d’accumulation et de répétition d’une liste qui s’allonge et se répète à chaque nouvel ajout. Ainsi que la phrase amusante à dire que les enfants pourront reprendre en cœur, « badaboum la bascule », pour mimer le mouvement de la benne qui déverse le contenu des poubelles.

Alors, qu’en pensez-vous?

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?