J’ai essayé pour vous…Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi

il est grand temps de rallumer les étoiles

Il est grand temps de rallumer les étoiles, de Virginie Grimaldi, est paru en Mai 2018 aux éditions Fayard. On le retrouve classé 8ème/18 des livres les plus populaires de 2018 de la liste Babelio. Depuis peu vous pourrez le lire également en format Poche (aux éditions Le Livre de Poche).

L’histoire

Après les très déprimants Sérotonine et Les enténébrés j’avais vraiment besoin de lire quelque chose de plus gai. Ce roman de Virginie Grimaldi tombait à point.

Un vrai bol de fraîcheur que l’histoire de cette mère célibataire. Suite à une rupture conventionnelle Anna, 37 ans, a enfin l’opportunité de liquider les dettes sous lesquelles elle croule. Cependant elle sent bien que sa vie lui échappe. Ses deux filles vont mal : l’une, 17 ans, quémande l’attention des garçons sans aucune notion des limites; l’autre, 12 ans, est en situation de harcèlement à l’école et trouve cela normal. Elle décide d’utiliser cette somme pour partir en road-trip en camping car direction la Scandinavie.

Ce voyage sera salutaire pour toute la famille. L’occasion pour la mère de renouer le dialogue avec ses filles et pour les sœurs de se retrouver. C’est également l’occasion de mettre sur la table enfin sans non dits les raisons du départ du père de la maison et le peu d’occasions qu’ont ses filles de lui rendre visite.

Au cours du voyage le trio fera la rencontre d’autres caravanes qui voyagent en groupe pour apporter sécurité et solidarité à leur expédition. L’occasion de décrire d’autres personnages tout aussi touchants.

Le style d’écriture

La narration alterne par chapitre selon le cycle suivant : point de vue de Anna, puis celui de Chloé (la grande) et enfin celui de Lily (la petite). Et on recommence ainsi de suite.

Selon l’identité de la narratrice le style d’écriture change.

Les paragraphes dédiés à Anna sont à la première personne, ils sont dans un style d’écriture classique, facile d’accès, à la façon de la chambre des merveilles. Il y a d’ailleurs des similitudes entre les mamans de ces deux romans. Elle voue à ses filles un amour sans limite.

Ceux dédiés à Chloé s’intitulent « les Chroniques de Chloé » du nom du Blog sur lequel elle publie « les pensées d’une ado de dix-sept ans mal dans sa peau ». Chloé écrit ses billets avec beaucoup de justesse dans le choix des mots. Hypersensible, elle vit à fleur de peau.

Enfin Lily écrit dans son journal intime qu’elle a prénommé Marcel. Elle écrit à la façon de Titeuf avec des détournements d’expressions françaises en n’y employant pas les bons mots. Tel que « être dans la pommade ». C’est une petite pleine d’humour puisque elle trouve logique de donner à son rat domestique le prénom de son père car s’est bien connu que les rats quittent le navire, non?

Les aventures de Lily apportent beaucoup de candeur au récit. Même si par certains moments il y a un décalage entre l’intelligence dont elle est ponctuellement capable de faire preuve et ses erreurs d’expression. Ses paragraphes ont l’avantage d’apporter une temporalité dans le récit, puisque comme dans tout bon journal intime qui se respecte, chaque nouvel ajout est daté.

Avis

A lire sans hésiter si vous aimer les romans sans prétention littéraire qui apportent un bol de fraîcheur et de bonne humeur. Ce fut un temps de lecture très agréable.

J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent blagues & charades

blagues et charades

Les éditions Larousse ont édité une série de livres sur les blagues, charades, devinettes et rébus. P’tit bout appréciant particulièrement les charades c’est le tome « le petit livre des blagues et charades » que nous avons essayé!

Facile à transporter grâce à son format carré 14 * 14 cm. Son prix est tout aussi mini : 5 euros. Les histoires drôles sont agrémentées de petits dessins rigolos.

Le livre alterne des pages de blagues et des pages de charades. Chaque série de blagues correspond à un thème. Vous aurez ainsi des blagues sur des thèmes tels que « à la maison », « à table », « en récréation », « les loisirs », « le cirque », etc. 12 thèmes en tout. 191 pages d’amusement.

C’est le compagnon idéal de la cour de récréation pour rigoler avec les copains et des voyages en voiture pour concilier toute la famille!

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?

J’ai essayé pour vous…Les enténébrés de Sarah Chiche

les enténébrés

Les enténébrés est paru en Janvier et fait partie des livres attendus de la rentrée littéraire de l’hiver 2019.

Sarah Chiche est psychologue et psychanalyste avant d’être romancière. Cela influence forcément fortement sa plume qui devient prétexte à interroger des sujets forts, parfois troublants. Est ce que l’on peut être excusé d’avoir causé du tord ou fait du mal à un tiers sous motif que l’on a soit même beaucoup souffert? Est ce que l’on a le droit de s’autoriser à être heureux alors que l’on sait pertinemment que des gens souffrent et meurent ailleurs dans le monde?

L’histoire

La narratrice s’appelle Sarah Chiche, elle est psychologue, psychanalyste et auteure. Elle est en couple et a une fille. Autobiographie? Autofiction? On ne sait pas trop. L’auteure dit sur France culture « Je n’ai pas de moi, mon seul centre se trouve dans l’écriture. Toutes les références à l’autobiographie et l’autofiction sont caduques. Je peux seulement dire que l’écriture s’est faite dans un état de dévastation, de ruines. Parmi tous les personnages, il y en a un, « Sarah Chiche « , pour lequel je n’ai pas particulièrement de sympathie. »

Sur fond angoissant de rappels réguliers quand à l’extinction proche de l’humanité (dérèglement climatique, guerre, peuples en exils, etc), le roman expose le coup de foudre de Sarah pour un musicien célèbre et bien plus âgé qu’elle; ainsi que la façon dont elle va mener de front deux vies. L’une avec cet homme et l’autre avec sa famille, jusqu’à l’autodestruction.

En milieu de roman, la récit de la narratrice s’interrompt pour s’intéresser à celui de ses ancêtres. Cette mère qui la battait, qui avait été elle même battue et prostituée par son père pédophile, qui l’avait abandonnée. La grand mère qui avait finie internée. Cette arrière grand mère qui avait une relation incestueuse avec son frère. Les enténébrés dont sa fille est le dernier maillon à ce jour.

Le style d’écriture

L’écriture est sombre, torturée, telle la narration d’un rêve éveillé. Par son absence de chronologie ce roman m’a fait penser aux Rêveurs de Isabelle Carré.

Un style de narration qu’il m’est difficile de suivre. Des phrases qui s’enchaînent sans ponctuation aucune. Le summum étant le chapitre 17 qui fait 4 pages. Il commence par une majuscule et s’enchaîne sur ces 4 pages sans qu’aucun point ou virgule ne vienne donner du souffle au récit. Il n’y a d’ailleurs pas de point qui vient clore ce chapitre.

La forme m’a empêché d’apprécier le fond. Cependant le fond en lui même est beaucoup trop glauque et manque de pudeur. Si bien que dans l’ensemble je ne peux pas dire que j’ai apprécié ma lecture même si les questions de fond qu’il aborde sont intéressantes.

J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent Comment fabriquer son grand frère

Comment fabriquer son grand frère

Comment fabriquer son grand frère est un album cartonné très grand format 31 cm x 38 cm. Il est richement illustré. On pourrait penser comme cela que l’on va attaquer une drolissime histoire du soir. Celle de Zuza qui veux se construire un grand frère. Mais que neni.

L’histoire

Oui si, il s’agit quand même bien de l’histoire de Zuza qui veut se construire un grand frère. Elle est aidée en cela par ses jouets et un crocodile qui dispose d’une encyclopédie fort utile.

Cependant on réalise très rapidement que l’histoire n’est qu’un prétexte pour explorer l’anatomie humaine. Et ce n’est pas qu’une exploration de surface. Anaïs Vaugelade ne craint pas d’aller loin dans ses explications en faisant énormément de parallèles avec le bricolage pour aider à mieux comprendre comment tout cela peux bien fonctionner.

comment fabriquer son grand frère

Les niveaux de lecture vont être très différents en fonction de l’âge de l’enfant et son intérêt du moment pour le sujet. Mais concrètement pas avant 7-8 ans. Cela reste quand même compliqué.

Dans un premier temps l’enfant pourra se contenter de lire la partie relative à l’histoire en elle même qui décrit l’anatomie néanmoins dans ses grandes lignes. Et il lira probablement dans un second temps les encadrés plus techniques.

comment fabriquer son grand frère

Les illustrations

Les illustrations sont riches en couleurs et retranscrivent très bien ce grand frère bricolé. Avec les élastiques qui forment la masse musculaire etc.

Avis

J’aime beaucoup le parti pris de ne pas faire dans l’édulcoré mais de considérer que les enfants sont capables de comprendre les mécanismes les plus complexes du corps humain.

Un livre d’anatomie ludique et drôle. Probablement à ne pas lire d’une traite mais à rouvrir régulièrement.

Comment fabriquer son grand frère est édité par l’Ecole des Loisirs.

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?

J’ai essayé pour vous…Sérotonine de Michel Houellebecq

Sérotonine

Sérotonine faisait partie des livres très attendus de la rentrée littéraire de cet hiver 2019. J’ai enfin pu réussir à l’emprunter à la médiathèque cette semaine.

C’est avec beaucoup d’à priori que j’ai débuté ma lecture. En effet, en 2010 ou 2011 je m’étais attaquée à la lecture de la carte et le territoire. Lecture que je n’avais jamais réussi à terminer. Il ne m’avait pas accroché mais je ne me souvient plus précisément de la raison. Je me souviens par contre qu’à cette époque P’tit bout devait dormir trois heures par jour mis bout à bout et que je n’avais du coup pas vraiment le temps de m’accrocher à un livre qui ne m’emballait pas plus que cela.

Sérotonine – l’Histoire

Le roman est le monologue d’un ivrogne coureur de jupons dépressif. A 46 ans, il fait le triste constat d’avoir échoué dans tous les aspects de sa vie, aussi bien professionnellement que socialement. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir fait de très bonnes études, eu un travail bien payé et rencontré plus d’une fois « la fille » avec qui il aurait pu se décider à construire un foyer. Il ne peut donc au final ne s’en prendre qu’à lui même et son manque d’engagement.

Et près de 350 pages de monologue d’un type qui se lamente et nous raconte tout ce qu’il a fait et aurait du faire, c’est long. Long, chiant et même pas drôle.

Le style littéraire

On doit pouvoir compter sur les doigts d’une main les pages où les mots bite, chatte ou suce n’apparaissent pas.

La narration est lourdement chargée de référence (réelles ou fictive pour certaines comme le nom de l’antidépresseur Captorix ? je ne suis pas allée vérifier) géographiques, noms d’hôtels, d’auteurs, de musiciens, d’alcools.

Avec cynisme, l’auteur décrit une société foutue où passé un certain âge personne ne se soucie plus de son prochain. Où les relations humaines sont réduites à leur fonction la plus basique : les femmes c’est pour le sexe, les copains c’est pour l’alcool.

Le phrasé est volontairement très long, suivant les méandres de la réflexion d’un type qui souffre de pertes de mémoire vive, vous embrouillant au passage.

Ce qui est très irritant c’est que l’on voit bien que l’écriture est facile pour l’auteur. Tout ce gâchis est donc bien volontaire. J’ai été profondément déçue de cette lecture qui ne rime à rien.