J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent « Grignotin et Mentalo présentent… »

Grignotin et Mentalo

Le billet semaine dernière sur le recueil de pièces de théâtres de Catharina Valckx m’a rappelé cet excellent tome des aventures de Grignotin et Mentalo.

La série

Les aventures de Grignotin et Mentalo se déclinent au travers d’une série de 5 livres (qui se lisent indépendamment) de Delphine Bournay. Ils sont parus dans la collection Mouche de l’école des loisirs. Vous savez bien, il s’agit de cette collection de petits romans pour les 6-8 ans. Entre autres je vous ai déjà évoqué dans cette collection la série des Vive la vie, Gabi! de Soledad Bravi. Ou plus récemment les aventures de Lester et Bob. Je suis même surprise de n’avoir jamais évoqué ce roman ici mais j’ai beau cherché dans la base de recherche du blog, non rien.

L’histoire

Le tome intitulé « Grignotin et Mentalo présentent… » fait référence à la fable de la cigale et la fourmi.

Fatigué de devoir tout gérer, Mentalo décide de mettre en scène cette fable pour faire passer un message à ses amis. Mon passage préféré est le suivant : lors des explications sur la pièce, Grignotin ne supporte pas le sort réservé à la cigale. Cependant Mentalo maintient ferme qu’il ne peut pas aller à l’encontre de l’esprit de Jean de la Fontaine et modifier la fin pour le seul plaisir de son ami. Grignotin va se déguiser en « esprit de Jean de la Fontaine » pour convaincre son ami de changer cette fin tragique, lequel , par amitié (car en observant les illustrations les enfants comprendront qu’il n’est pas dupe) permettra une petite variante au texte original.

La suite de l’histoire raconte comment Mentalo va organiser l’attribution des rôles, les répétitions etc jusqu’au soir de la représentation. De quoi potentiellement donner envie aux enfants de se lancer également dans un tel projet de mise en scène 😉

D’autant que c’est une des fables généralement apprise entre le CP et le CE2.

Les illustrations

Dans ce roman les illustrations prennent le pas sur le texte avec les dialogues directement inscrits dans le dessin en écriture cursive. Pas facile de lire une écriture cursive pour un jeune lecteur mais c’est ici un bon entrainement. Avec une couleur attribuée à chaque protagoniste pour s’y retrouver plus facilement.
Je préconiserai quand même d’attendre le CE1.

Le trait est simple, presque naïf pour la mise en scène de ces animaux aux tons pastels. Les mimiques très expressives accompagnent parfaitement le texte. Le tout est très amusant.

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?

J’ai essayé pour vous..Félix et la source invisible.

Felix et la source invisible

Il s’agit du dernier roman de Eric-Emmanuel Schmitt. A l’image du tour de l’oie de Erri de Luca, il fait partie des ouvrages qui étaient attendus pour la rentrées littéraire de cet hiver 2019. Pour changer je ne connaissais pas cet auteur (non mais à force je vais peut être un jour finir par devenir un peu moins médiocre sur les auteurs contemporains.)

L’histoire

Chose peu commune je vais commencer par la fin. A la suite de l’histoire une page nous indique que ce roman fait partie du cycle de l’invisible, une série de récits indépendants les uns des autres, qui abordent tous la recherche du sens. Dans Félix et la source invisible, c’est l’animisme qui est donné à ressentir.

La maman de Félix, 12 ans, a sombré sans prévenir du jour au lendemain dans une profonde dépression. Ce récit conte comment il va finir par se tourner vers les sages du village natal de sa mère, quittant Paris pour un village africain proche de Saint-Louis, afin de lui redonner vie. Ce récit raconte également l’histoire d’un fils qui retrouve son père.

L’écriture

Le style d’écriture est à la fois soutenu et facile à lire. Le lecteur est rapidement emporté dans l’ambiance du bistro au boulot. Les habitués du bar sont tous attachants. Le regard bienveillant et sans jugement que porte Fatou à chacun d’eux est extraordinaire. Rendant d’autant plus injuste cette dépression qui vient éteindre une personne qui était si lumineuse. On est emporté dans la quête du remède qui en viendrait à bout et la recherche du « pourquoi » avant de trouver le « comment ».

Bref, j’ai beaucoup aimé. Et je ne saurai que vous conseiller de vous immerger dans cette parenthèse drôle et touchante à la fois.

J’ai essayé pour vous…Le tour de l’oie de Erri de Luca

Le tour de l'oie

Ce roman de littérature italienne a été traduit et édité par Gallimard le 7 Février 2019. Il fait partie des ouvrages attendus de la rentrée littéraire d’hiver. C’est un auteur que je ne connais pas. Par curiosité je l’ai donc lu en version numérique dès sa mise à disposition par le réseau des médiathèques.

L’histoire

Il s’agit d’un roman autobiographique construit autour du regret de l’absence de paternité. A l’image de Giuseppe et son Pinocchio en bois, l’auteur s’imagine un fils le temps d’une soirée. Les mots d’un monologue qui devient dialogue vont lui donner consistance au fil du roman.

Cet échange de mots permet à l’auteur de revenir sur les événements les plus importants de sa vie, les sentiments éprouvés ou contenus.

Le style littéraire

L’amour de l’auteur pour les mots et jeu de mots est palpable. Je me demande dans quelle mesure en tant que lecteur français ne connaissant pas l’italien je suis passée à coté des références faites à cette langue. Ainsi qu’au pays. Probablement faut-il être napolitain pour apprécier à leur juste mesure certaines références.

Le tout m’a donné le sentiment de n’être qu’une excuse au plaisir d’écrire. Un poète qui prend plaisir à enchaîner les mots et voir où ils vont le mener sans objectif annoncé. Il nous fait ainsi partager une sagesse accumulée au cours de ses nombreuses vies. Anarchiste révolutionnaire, ouvrier, humaniste, croyant, alpiniste, poète, écrivain, fils. Faisant ainsi le tour de l’oie de sa vie en analogie avec ce jeu.

C’est magnifiquement écrit. Cependant cela ne correspond pas à un genre littéraire que j’apprécie. Je m’ennuis rapidement de l’absence d’un scénario. Je pense que je préfère que l’on me raconte une histoire plutôt que sa propre histoire, aussi riche soit-elle.

J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent : Les chaussures sont parties pour le week-end

Les chaussures sont parties pour le week-end

Catharina Valckx propose dans ce recueil édité par l’école des loisirs trois petites pièces de théâtre.

Nous avions beaucoup aimé avec p’tit bout la série des aventures de Billy.

Ce recueil de théâtre s’adresse à la tranche d’âge du dessus : les 8 – 11 ans.

Les histoires

Chacune des pièces met en scène trois/quatre personnages. Il s’agit de farces. Dans chacune d’elle se glisse à chaque fois un petit élément surnaturel.

La première est un dialogue entre le Maître et sa servante Ginette. On imagine assez facilement des costumes façon 17ème siècle à l’image des farces de Molière. La pendule parle. Le titre du recueil les chaussures sont parties pour le week-end fait référence à un élément de cette pièce.

La seconde a un cadre plus contemporain. On l’imagine dans un magasin animalier. Il y a toutefois un diplodocus en vente dans cet établissement.

La troisième se déroule dans la demeure d’une sorcière. Les animaux parlent.

Ce que l’on en a pensé

J’aime beaucoup l’idée de faire découvrir le théâtre dès 8 ans. Des recommandations de mise en scène, de costumes et de décor accompagnent le texte. Des parties des scènes sont dansées et/ou chantées. Il y a vraiment de quoi s’amuser à reproduire ces trois petites pièces.

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?

J’ai essayé pour vous…La chambre des merveilles de Julien Sandrel

la chambre des merveilles

La liste Babelio 2018 classe ce roman à la 11ème place. Paru aux éditions Calmann Levy en Mars 2018, il paraîtra en format poche (aux éditions Le Livre de Poche) ce 28 Mars 2019. Il s’agit du premier roman de Julien Sandrel. Son second roman La vie qui m’attendait vient de paraître.

L’histoire

C’est un véritable booster d’optimisme. Elle raconte comment Thelmas et son fils de 12 ans, Louis, vont se sauver mutuellement. Avec la grande mère, ils forment un trio de choc autour desquelles d’autres personnes tout aussi attachantes vont se satelliser. Cette histoire rappelle aux parents surbookés par leur boulot combien il est important de ne pas passer à coté de la vraie vie : leurs enfants, leurs proches, leurs amis. Un conte de fée moderne qui fait du bien.

Le style littéraire

A vrai dire en l’occurrence en s’en fiche un peu. C’est écrit simplement et cela va très bien. Il me semble même qu’il manque le verbe d’une phrase à un moment mais peu importe. Ce n’est pas en étant à la recherche d’une écriture académique et recherchée que l’on lira ce roman. A un moment de ma lecture je suis revenue sur la couverture pour relire le nom de l’auteur tellement j’ai été surprise par la justesse des réactions et pensées de maman de l’héroïne. Non vraiment l’auteur est bien un homme. En blind test j’aurai juré que le roman a été écrit par une femme. Je n’aurai jamais cru un homme capable de retranscrire avec autant de justesse une relation mère-fils et une relation fille-mère. Ce fut une très agréable parenthèse de lecture.