J’ai essayé pour vous…Surface de Olivier Norek

Surface

Surface de Olivier Norek est paru aux éditions Michel Lafon en Avril 2019. Il sort en format Pocket d’ici quelques jours (le 12/03/2020). Les Babelionautes l’ont classé second des 19 livres les plus populaires de 2019.

Surface : l’histoire

Olivier Norek prend le temps de camper le personnage de son enquêtrice Noémie. Et c’est appréciable. On s’attache très vite à elle. Les scènes d’hospitalisation nous font forcément penser à Philippe Lançon. Mais le parallèle s’arrêtera très vite, l’hospitalisation ne durant qu’un mois.

Noémie se fait écarter par sa hiérarchie en raison de l’affreuse balafre héritée sur le champ de bataille qui pourrait faire flipper les petits copains. On l’envoi à la campagne où elle tourne en rond comme un lion en cage. Un cold case émerge dont elle refuse de s’occuper dans un premier temps, car elle n’a qu’un souhait, revenir au Bastion. Grace à son formidable psychiatre, elle y verra l’occasion de montrer à Paris qu’on n’écarte pas les héros.

Commence alors l’enquête à proprement parler. Oui, nous sommes bien dans un polar, et il est sacrément bien ficelé.

Le style d’écriture

Ce polar m’a énormément fait penser à La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker. Donc pas de serial killer psychopathe qui fait dans le sordide avec du sang partout. Une enquête de police, qui doit s’intéresser au pourquoi, qui, comment, en allant fouiller dans le passé des personnes impliquées.

On sent bien que l’auteur maîtrise son sujet et est familier des procédures. Rien ne sonne faux. Les réactions des personnages sont criantes de vérité. J’aime beaucoup la façon dont les policiers sont mis en avant, qu’ils soient d’un commissariat de campagne, de la brigade fluviale, ou de la police judiciaire. Un très bel hommage au caractère héroïque de leur engagement.

Un excellent moment de lecture.

J’ai essayé pour vous…Né d’aucune femme de Franck Bouysse

Né d'aucune femme

Né d’aucune femme de Franck Bouysse est paru aux éditions la manufacture de livres en Janvier 2019. Il est le livre préféré des Babelionautes ( classé donc 1er des 19 livres les plus populaires de 2019). Il a également reçu entre autres le prix des libraires 2019.

Bon autant vous le dire d’entrée, je n’ai pas été transportée par ce roman, je suis certainement passée à coté de quelque chose.

Né d’aucune femme : l’histoire

Plutôt que de raconter d’entrée l’histoire de Rose, l’intrigue se noue savamment par un présent autour du personnage du Père Gabriel. Ce dernier reçoit une confession pour le moins intrigante qui va l’amener à découvrir l’histoire de Rose au travers de ses écrits.

On se retrouve donc dans le passé pour prendre connaissance des malheurs qu’elle a traversé. Le roman se découpe en chapitre qui portent la parole des différents protagonistes : Rose, son père, sa mère, Edmond etc.

Parfois le protagoniste reste mystérieux : l’homme, l’enfant, elle etc. Ce qui permet d’ajouter un peu de fumée à l’intrigue.

Je ne vais pas vous raconter le roman, vous avez peut être prévu de le lire. Mais je n’ai pas trouvé grande originalité à l’histoire. Le registre des femmes qui ont vécu des atrocités a été largement visité par de nombreux auteurs.

Le style d’écriture

L’auteur s’est efforcé d’avoir un style d’écriture propre à chacun des protagonistes selon le chapitre traité. De sorte à coller à leur état d’esprit, leur âge, leurs sentiments.

Malgré cela je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

L’absence du respect des règles de la ponctuation lors des dialogues qui permet de savoir lorsque l’on passe de l’un à l’autre des interlocuteurs m’a grandement agacée. Et je ne suis plus arrivée à passer outre la forme pour pouvoir me faire absorber par le fond.

Bon bref je n’ai pas aimé, ce n’est pas un drame, à priori beaucoup de monde à l’inverse a apprécié ce roman.

Je pense que j’ai besoin de me plonger dans un roman fantastique et faire une pause sur la liste Babelio des romans « sérieux » ^^

J’ai essayé pour vous…A la ligne de Joseph Ponthus

A la ligne – Feuillets d’usine de Joseph Ponthus est paru aux éditions La table ronde en Janvier 2019. Babelio le classe 19° des 19 livres les plus populaires de 2019.

Quel est le sujet abordé par A la ligne?

L’auteur partage son expérience d’intérimaire en usines agroalimentaires. Pourtant diplômé en travail social, branche dans laquelle il exercera plus de dix ans en banlieue parisienne, il se retrouve au chômage lorsqu’il décide de se marier et s’installer en Bretagne.

Néanmoins il dira de ses études qu’elles l’auront aidé à tenir moralement dans les moments les plus difficiles. Sans cela il aurait probablement sombré dans la folie du non sens.

Le style littéraire

A mon sens il ne faut pas aborder cet ouvrage comme un roman qui va nous compter une histoire. Il s’agirait plutôt d’un croisement entre l’Essai et le Recueil de Poésie.

Absence de ponctuation, Retour à la ligne après chaque pensée, Majuscule systématique en début de chaque nouvelle pensée, accentuent cette impression. L’auteur partage les pensées qui l’ont traversé au cours des différents postes d’intérimaires qu’il a occupé dans des usines agroalimentaires. La découverte de ces environnements, de la tâche assignée, de la vacuité de certaines, des réflexions qu’il se faisait alors, une chanson, une citation à laquelle un détail lui faisait penser.

A la ligne fait partie de ces textes qu’il faut avoir lu. Il permet une immersion dans le monde actuel de l’usine. Un Germinal moderne où on ne s’encombre pas d’une histoire. Le lecteur est projeté dans cet environnement de travail dur, tant moralement que physiquement.

Alors que l’on bassine les managers avec des termes pompeux d’évaluation des risques professionnels, d’équipements de protection individuels, de prévention, ils pourraient faussement imaginer que tout poste de travail est strictement encadré pour le bien du professionnel qui va l’occuper. C’est le cas, tant qu’aucun imprévu ne vient enrayer la mécanique de la chaîne. Mais ce ne sont pas les imprévus qui manquent. Et la production doit continuer. Alors on ferme les yeux.

J’ai essayé pour vous…Deux sœurs de David Foenkinos

Deux sœurs

J’attaque la liste des 19 livres les plus populaires de 2019 de Babelio avec Deux sœurs de David Foenkinos. J’avais beaucoup aimé Vers la beauté, j’en attendais donc beaucoup.

Ce roman est paru en Février 2019 aux Editions Gallimard, il est classé 16°/19.

L’histoire des Deux sœurs

C’est essentiellement l’histoire de Mathilde qui, dès les premières pages du roman, se fait brutalement quitter par son compagnon. La première partie du roman s’attache à décrire comment de cette fêlure elle va se fragmenter petit à petit.

La seconde partie du roman est un huis clos qui se déroule dans l’appartement de sa sœur Agathe qui l’héberge désormais. Cette sœur tellement plus apte au bonheur qu’elle. Cette sœur qui a tout (un mari aimant, une petite fille adorable) alors que elle n’a plus rien.

Le style littéraire

L’auteur s’attache à décrire l’enchaînement des pensées qui traversent Mathilde puis les deux sœurs. De quel façon chaque mot, chaque geste est décortiqué, interprété.

Alors que son précédent roman se centrait autour de l’art avec le portrait de Jeanne Hébuterne. Ici c’est la littérature qui est mise en avant avec L’éducation sentimentale de Flaubert. Cependant le style est plus sombre voir même glaçant. Là où la beauté des choses était décrite comme un baume réparateur pour l’âme, la littérature devient ici un mal qui rend mélancolique.

Avis

Ce roman est extrêmement bien écrit mais je n’ai pas aimé le lire. Je ne m’attendais pas à lire un thriller psychologique et je n’étais pas du tout dans le bon état d’esprit pour cela.