J’ai essayé pour vous Extincta de Victor Dixen

Extincta

Il y a quelques jours à peine je finissais Cogito qui m’avait un chouilla moins emballée que Phobos. Je n’ai pas résisté à l’envie d’enchaîner de suite avec le dernier roman de Victor Dixen: Extincta.

Extincta, toujours publié aux éditions Robert Laffont ( Collection R ), parait en Novembre 2019. Il arbore une couverture magnifique représentant une anguille et un serpent.

Extincta : L’histoire

Les hommes de l’ancien temps ont provoqué le Grand Effondrement en libérant les trois démons gaziers, Kârbon, Mêtana et Sûlfur. Depuis, les Derniers Humains, célébrent le culte de Terra. Sous le règne des apex, les suants payent le prix de la sueur, les crachants celui de la salive, les saignants celui du sang et les pleurants celui des larmes, pour que renaisse un jour la déesse à partir des parcelles de régénération.

Cette fable écologique imagine un futur où les hommes du XXIe siècle ont failli à prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder notre Planète. Quatre siècles après le Grand Effondrement, il ne subsiste quasiment plus aucune espèce animale et végétale sur la surface du globe. Une poignée d’humains occupent les Dernières Terres et survivent selon un système féodal de castes.

Astrae la suante et Ocerian l’apex croient en l’Ailleurs, ce conte pour enfant. Il n’ont aucune idée du temps qui leur est compté et pourtant, sans le savoir, ils se lancent à la recherche de cet Ailleurs, car c’est leur dernier espoir. Le Prologue annonce pourtant leur triste fin : « La planète qui avait été le berceau verdoyant de l’humanité, puis son triste dépotoir, devint son tombeau ardent. Le moment est venu d’écouter la fin des hommes. Là où s’achève leur longue histoire, commence le dernier de leurs chants. Un hymne guerrier, mais, aussi, une chanson douce. Un gémissement de détresse, mais, derrière, un bruissement d’espoir. Une oraison funèbre, mais, surtout, un cri d’amour. »

L’histoire commence 255 heures avant l’extinction de l’espèce humaine. Ce chrono va s’égrener chapitre après chapitre, en alternant les points de vue de nos deux héros. Leur épopée va entraîner dans leur sillage un florilège de personnages tous aussi attachants les uns que les autres.

Mon Humble avis

Le plus magistral des romans de Victor Dixen que j’ai pu lire. Il vous emporte et vous ne pouvez plus vous arrêter. Pour vous dire j’en ai oublié que j’étais mal installée derrière mon Pc à lire une version numérique.

Une magnifique romance, un amour fraternel merveilleux et de solides amitiés. Une angoisse permanente à chaque fois que le chrono s’égrène et pourtant l’espoir qu’ils s’en sorte vous tien en haleine jusqu’au bout.

J’ai essayé pour vous…Cogito de Victor Dixen

cogito

J’avais découvert Victor Dixen au travers de la saga Phobos. Cogito se suffit à lui même, il ne me semble pas que le dernier roman paru, Extincta, en soit une suite. Ce roman à la couverture magnifique est édité par Robert Laffont ( Collection R ).

Je l’ai lu en format numérique. Je préfère vous le préciser car les livres que je lis sous ce format m’accrochent toujours un peu moins en général XD.

Vous allez vous dire que je fais ma vieille mais, personnellement, même si je suis plutôt bonne lectrice de romans Young Adults, celui ci particulièrement me parait plutôt adapté à des lycéens. Non pas que l’histoire est simplette, loin de là, mais elle est une bonne introduction aux « histoires de robots qui veulent conquérir le monde » pour qui n’a encore que très peu exploré le sujet dans ses lectures. SI vous voulez quelque chose de plus prise de tête sur le même sujet, essayez plutôt Latium.

L’histoire de Cogito

Le personnage principal est une ado rebelle survoltée contre la société. En échec scolaire, en conflit avec son père, délinquante. Elle vient d’atteindre sa majorité et n’attend plus rien de son avenir qu’elle imagine tout tracé en raison de sa condition sociale. Jusqu’à cette opportunité inattendue, devenir boursière pour un stage Science Infuse.

Dans ces stages habituellement hors de prix, une IA implémente en une nuit directement dans votre cerveau les connaissances que vous auriez mis des mois à assimiler.

Forcément, à un moment, ça va déraper, c’était trop beau pour être vrai 😉

Vont être mis en avant dans l’histoire de belles idées sur la société que nous voudrions pour demain. J’espère que cela en incitera quelques un à utiliser leurs neurones et faire travailler leur imagination.

Un petit clin d’œil à la série Phobos, le récit est positionné dans le même univers, mais avec un décalage de plusieurs génération. Cosmic love est un vieux tube et nous n’avons aucune nouvelle de la colonie martienne.

Les nombreuses références

Ce roman de Science fiction est une formidable source de référence en matière de robotique. Tant du point de vue de ses penseurs, précurseurs que des cinéastes qui ont exploré le thème. C’est l’occasion du coup pour le jeune lycéen nommé plus haut, de se rendre compte de ses éventuelles lacunes ^^ Et idéalement de les combler.

Au cours de la lecture sont invités à être découverts :

  • René Descartes, pour son discours de la méthode (je vous laisse découvrir ce qu’il vient faire là),
  • Blaise Pascal,
  • Jean Jacques Rousseau, pour son contrat social,
  • Ada Lovelace, pionnière de l’informatique,
  • Alan Turing, fondateur de l’informatique ,
  • Issac Asimov, et ses lois de la robotique,
  • Steve Jobs,
  • Norbert Wiener, le fondateur de la cybernétique,
  • Le monstre de Frankenstein.

Niveau culture cinématographique, le lecteur qui s’intéresse au sujet et qui ne les auraient pas encore vus, est invité à combler ses lacunes en regardant les films:

  • I, Robot,
  • Matrix,
  • Terminator,
  • Robocop,
  • Blade Runner.

J’aurai bien aimé que mon prof de philo me parle Science Fiction, pas vous? J’aurai probablement davantage accroché ^^.

J’ai essayé pour vous…Chut les enfants lisent Magasin zinzin aux Merveilles d’Alys.

Magasin Zinzin

Magasin Zinzin pour fêtes et anniversaires est paru en 1995 aux éditions Ipomée – Albin Michel. Frédéric Clément en est le poète auteur-illustrateur.

L’histoire du Magasin zinzin

Frédéric Tic Tic, colporteur de son état, présente à Mademoiselle Alys, Marchande de Merveilles, sa collection de collections.

S’en suit un abracadabrantesque énoncé à la Prévert de toutes les merveilles proposées. Ceci afin que Mademoiselle Alys choisisse parmi elles ce qui lui ferait plaisir pour son anniversaire. Cela commence par un dé à coudre contenant des robes plus féeriques les une que les autres et se termine par une mystérieuse petite clé d’or. Tout en passant par un cheveu de sirène, le rouge à lèvre de Blanche Neige, les larmes du roi des crocodiles, etc.

J’ai trouvé le texte très poétique, aux multiples références à des fables populaires. P’tit bout de son coté (9 ans) n’a pas accroché. Mais je soupçonne que le fait que le discours de M. Tic Tic s’adresse à une demoiselle et que ce soit répété régulièrement, y soient pour quelque chose. La simple beauté du texte n’a pas transcendé l’absence d’histoire en tant que tel. Ce n’est pas grave il n’est pas obligé de tout apprécier. Il faudra qu’il regarde les illustrations plus attentivement pour avoir le déclic.

Je me pose néanmoins la question de l’âge auquel ce texte est accessible. La maison d’édition préconise 3/4 ans. Les librairies comme la fnac annoncent plutôt 6 ans. Pour autant cet album se trouve sur la liste de référence Eduscol pour le cycle 3. Peut être faut-il avoir 3/4 ans pour se laisser bercer par la poésie du texte sans en rechercher davantage. Et avoir au moins 8 ans pour en étudier le style d’écriture de façon plus scolaire, car en lecture seul il n’est pas forcément évident.

Les illustrations / la mise en page

La mise en page participe à la magie de l’ensemble. La typographie qui change permet d’imaginer les intonations de voix du marchand qui cherche à rendre ses merveilles encore plus merveilleuses.

Les vignettes font sourire lorsqu’elles mettent en avant l’absurde de certaines merveilles :

« Dans une boîte en fer, j’ai neuf souvenirs mâchés et remâchés d’un drôle de dromadaire »

Les illustrations sont magnifiques de précision, mélange de genres accentuant l’effet « cabinet de curiosités » de l’album.

Ceci est ma participation à Chut les enfants lisent, organisé par Devine qui vient bloguer ?

J’ai essayé pour vous…La vie qui m’attendait de Julien Sandrel

La vie qui m'attendait

La vie qui m’attendait est le second roman de Julien Sandrel que nous avions découvert avec l’excellent roman feel-good La chambre des merveilles. Il vient de paraître aux éditions le livre de poche, un an après son grand frère de chez Calmann-Levy.

La vie qui m’attendait -l’histoire

Romane, 39 ans, paralysée par toute sorte de peurs, s’est empêchée de vivre jusqu’à peu. Elle va découvrir que toute l’histoire familiale véhiculée par son père n’est qu’un vaste mensonge. La rencontre de Juliette, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et les révélations qui vont en découler, vont lui permettre de renaître et vivre enfin pleinement sa vie.

Mon humble avis

Ce roman se lit très vite et est un agréable moment de lecture. Impossible néanmoins pour moi de passer à cote de la comparaison avec La chambre des merveilles. Je ne classerai pas ce second roman dans la catégorie feel-good. Certes il y a un beau message sur le fait que l’on a tous droit au bonheur et qu’il n’est jamais trop tard pour se décider à vivre sa vie pour soi même.

Cependant … parce que oui il y a un cependant ^^… tous ces mensonges proférés pour le bien des autres, ce n’est pas du tout mon truc. On ne parle pas ici de petits mensonges sans trop de conséquences du genre « mais si ta nouvelle coiffure ne te va pas si mal ». On parle de se substituer dans la vie d’une autre, cacher des éléments graves à nos proches, etc. Du coup je n’ai pas réussi à m’attacher à Romane et Juliette.

Un roman qui reste néanmoins agréable à lire même s’il est moins intense en émotions positives à mon sens que le premier.

J’ai essayé pour vous…Surface de Olivier Norek

Surface

Surface de Olivier Norek est paru aux éditions Michel Lafon en Avril 2019. Il sort en format Pocket d’ici quelques jours (le 12/03/2020). Les Babelionautes l’ont classé second des 19 livres les plus populaires de 2019.

Surface : l’histoire

Olivier Norek prend le temps de camper le personnage de son enquêtrice Noémie. Et c’est appréciable. On s’attache très vite à elle. Les scènes d’hospitalisation nous font forcément penser à Philippe Lançon. Mais le parallèle s’arrêtera très vite, l’hospitalisation ne durant qu’un mois.

Noémie se fait écarter par sa hiérarchie en raison de l’affreuse balafre héritée sur le champ de bataille qui pourrait faire flipper les petits copains. On l’envoi à la campagne où elle tourne en rond comme un lion en cage. Un cold case émerge dont elle refuse de s’occuper dans un premier temps, car elle n’a qu’un souhait, revenir au Bastion. Grace à son formidable psychiatre, elle y verra l’occasion de montrer à Paris qu’on n’écarte pas les héros.

Commence alors l’enquête à proprement parler. Oui, nous sommes bien dans un polar, et il est sacrément bien ficelé.

Le style d’écriture

Ce polar m’a énormément fait penser à La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker. Donc pas de serial killer psychopathe qui fait dans le sordide avec du sang partout. Une enquête de police, qui doit s’intéresser au pourquoi, qui, comment, en allant fouiller dans le passé des personnes impliquées.

On sent bien que l’auteur maîtrise son sujet et est familier des procédures. Rien ne sonne faux. Les réactions des personnages sont criantes de vérité. J’aime beaucoup la façon dont les policiers sont mis en avant, qu’ils soient d’un commissariat de campagne, de la brigade fluviale, ou de la police judiciaire. Un très bel hommage au caractère héroïque de leur engagement.

Un excellent moment de lecture.