J’ai essayé pour vous…La disparition de Stephanie Mailer

La disparition de Stéphanie Mailer

La disparition de Stephanie Mailer, de Joël Dicker, est paru aux éditions de Fallois aux formats classique et poche.

Ce roman se classe 1er sur les 18  livres les plus populaires de l’année 2018 de Babelio. Et je valide complètement cette 1ere place amplement méritée.

L’histoire de la disparition de Stéphanie Mailer

Ce roman nous entraîne dans la réouverture d’une enquête de police clôturée pourtant 20 ans plus tôt. Il ne s’agit pas de n’importe quelle enquête, mais celle d’un quadruple meurtre, dans une ville paisible des Etats-Unis, le soir de la première d’un tout nouveau festival de théâtre.

Tout commence lorsque Stephanie Mailer, journaliste, interpelle un des deux agents de la police d’état chargé à l’époque de l’enquête. Elle lui laisse entendre qu’il s’est trompé de coupable et qu’elle a un rendez-vous qui devrait lui permettre d’obtenir une preuve irréfutable. Elle refuse d’en dire davantage pour ne pas se faire doubler.

Sauf que voila, lorsque il cherche à la retrouver, il s’avère que Stephanie Mailer a disparu. Il ne croit pas aux coïncidences. Jesse Rosenberg reprend contact avec son coéquipier de l’époque, et fait rouvrir l’enquête, bien décidé à reconstituer les événements de la nuit du 30 Juillet 1994 et à retrouver Miss Mailer.

Le style d’écriture

Ce roman a beau faire plus de 600 pages, à aucun moment on n’a un sentiment de longueur ou de remplissage abusif.

Le style est direct, facile à lire. On alterne, par chapitre, différents points de vus des multiples personnages de ce roman. Car bien que l’on ne commence qu’avec quelques personnes au début, leur nombre va s’étoffer au fil des pages. Leur point de vue peut être actuel ou remonter aux événements d’il y a 20 ans.

Des histoires dans des histoires vont venir s’imbriquer les unes dans les autres, certaines juste là pour nous égarer sur de fausses pistes, d’autres pour nous permettre d’en ouvrir des nouvelles. Et quelques unes pour nous pousser à nous attacher plus particulièrement à certains personnages.

Le tout est très intelligemment mené. Les ressentis et motivations des protagonistes sont méticuleusement décrits. Ce qui nous permet de comprendre pourquoi les enquêteurs étaient passés à coté de certains éléments à l’époque.

Si vous avez envie de vous immerger dans un bon roman policier, vous pouvez vous lancer sans hésitation. Ici il ne s’agit pas d’un thriller gore qui joue avec vos nerfs, âmes sensibles nul besoin donc de vous abstenir.

J’ai essayé pour vous…La vraie vie de Adeline Dieudonné

la vraie vie

La vraie vie est paru aux éditions de l’Iconoclaste en Août 2018.

Ce roman se classe 3° sur les 18  livres les plus populaires de l’année 2018 de Babelio.

Ce roman a remporté de nombreux prix dont le prix première plume 2018. Ainsi que, entre autres, le prix du roman Fnac et le prix Renaudot des lycéens.

L’histoire

Cette fiction à priori bien ancrée dans la vrai vie flirt avec le concept de voyage dans le temps. C’est en effet le seul moyen trouvé par la jeune héroïne pour sauver son petit frère. On se demande ainsi au fil de la lecture (on espère même) si l’on va basculer ou non dans la science-fiction.

La violence y est autant présente que dans le roman de Karine Giebel: toutes blessent la dernière tue. Ici la narratrice de 10 ans vit pourtant au sein d’une famille qui a tout à fait l’air normale de premier abord. Un papa comptable, une maman au foyer, un petit frère, la plus grande maison du quartier. Mais les apparences sont manifestement trompeuses.

Le père, un prédateur assoiffé de sang, collectionne les trophées de chasse. La mère a autant de personnalité qu’une amibe. Le petit frère dont le rire apportait tellement de bonheur à sa grande sœur a l’esprit dévoré par la Hyène depuis l’accident. Et c’est ce petit frère qu’elle chéri plus que tout au monde qu’elle veut sauver, envers et contre tous.

Le Style d’écriture

Il m’a beaucoup fait penser à celui de Delphine de Vigan dans les loyautés. J’ai lu ce roman en format numérique du coup je visualise mal son format mais il ne doit pas être beaucoup plus épais.

Le style est vif, incisif. Le rythme est rapide et va à l’essentiel. Les émotions ressenties par cette petite fille, qui devient adolescente au cours des étés qui passent, sont décrits simplement et pourtant avec tant de justesse.

Et puis enfin un auteur dont les protagonistes font des références à des éléments de culture générale connus du « grand public ». Comprendre qu’il ne faut pas être agrégé de littérature ou fin mélomane pour toutes les saisir.

En bref, j’ai beaucoup aimé cette lecture et vous la recommande vivement. Âmes sensibles néanmoins s’abstenir.

J’ai essayé pour vous…Le manuscrit inachevé de Franck Thilliez

le manuscrit inachevé

Le manuscrit inachevé est paru aux éditions Fleuvenoir en Mai 2018 et aux éditions Pocket en Mai 2019. J’ai découvert cet auteur l’an dernier avec Sharko et l’avait plutôt bien apprécié, me disant que je relirais avec plaisir un autre de ses romans. Cela tombe d’autant bien que son roman 2018 figure sur la liste des livres les plus populaires de l’année 2018 de Babelio.

L’Ecriture

Franck Thilliez va faire monter en pression son récit en jouant avec (nos nerfs et) les notions de :

  • Mémoire : l’hypermnésie, l’amnésie traumatique, la cryptomnésie, les souvenirs
  • De double : palindrome, miroir, chiffre 2,
  • De misdirection.

Comme le roman précédent, l’intrigue est très bien ficelée et ne nous laisse pas souffler.

Le manuscrit inachevé débute par une mise en abyme :

Le narrateur est le fils de Caleb Traksman, auteur de thrillers à succès qui vient de se suicider. Il hérite d’un manuscrit dont il manque le dénouement. Il a toutes les raisons de penser que c’est volontaire, une sorte de dernier mystère légué par son père.

Suite à cette préface vient une page de couverture d’un roman intitulé Le manuscrit inachevé signé par Caleb Traksman aux éditions Fleuvenoir.

L’Histoire

Ce roman (dans le roman du roman) n’a pas de narrateur. Il va mettre en scène plusieurs personnages :

  • La famille Morgan (Leane la mère, Jullian le père, Sarah la fille, Jacques le grand père),
  • Le duo d’enquêteurs V&V.

L’intrigue se déroule 4 ans après la disparition de Sarah. Leane Morgan, après un passé d’institutrice, est désormais écrivain sous le pseudonyme d’Enaël Miraure. (La mise en abyme se poursuit puisqu’elle vient de publier son dernier roman qui s’intitule « le manuscrit inachevé », roman qui traite d’un écrivain etc.)

Jullian Morgan n’a jamais lâché l’affaire ces quatre dernières années et continu à rechercher sa fille Sarah sans relâche. Son enlèvement et meurtre a été attribué à un tueur en série, en prison, qui n’a cependant toujours pas révélé l’emplacement du corps, bien qu’il ai révélé celui de ses autres victimes.

Leane et Jullian ne vivent plus ensemble. Leur histoire reprend lorsqu’elle apprend qu’il s’est fait agresser. Leane va devoir reprendre l’enquête de son époux là où elle a été interrompue par l’agression, sans vraiment savoir ce qu’il avait bien pu découvrir.

De leur côté V&V enquêtent sur une affaire sordide. Un corps de jeune femme récemment morte, sans visages, yeux et mains, ainsi qu’une paire de mains, viennent d’être retrouvés dans le coffre d’une voiture accidentée. Leur enquête va les mener d’horreurs en horreurs. On se doute bien qu’à un moment les deux parcours vont se croiser…

Un très bon Thriller!

J’ai essayé pour vous… Les loyautés

Les loyautés

Les loyautés est paru aux éditions JCLattès en Janvier 2018. Il est disponible depuis cet été aux éditions le livre de poche. Il se classe 2e/18 des livres les plus populaires de l’année 2018 sur l’échelle Babelio. 

L’histoire

Hélène est prof de SVT dans un collège. Enfant, elle a été battue par son père. Elle a l’intuition que Théo a des ennuis et s’imagine qu’il est battu. Elle outrepassera son cadre professionnel.

Théo est collégien. Il cherche une échappatoire à sa situation familiale compliquée au travers de l’ivresse de l’alcool qui lui permet temporairement d’oublier.

Cécile est mère de collégien. Elle consulte depuis peu car s’est rendue compte qu’elle se parlait à elle même. Elle a honte du milieu d’où elle vient, de son père alcoolique. Enfin elle vient de se rendre compte dernièrement que son époux a une zone d’ombre qu’elle méconnaissait et qui l’horrifie.

Mathis est le fils de Cécile et le meilleur (seul) ami de Théo.

Les loyautés respectives de ces quatre personnages vont les pousser à faire des choix discutables. Hélène n’est pas objective vis à vis de Théo, au risque de passer à coté du vrai problème. Par loyauté vis à vis de son père, Théo passe sous silence la situation dramatique dans laquelle il se trouve et porte une responsabilité trop lourde pour son âge. Cécile par honte d’être le vecteur qui a poussé Mathis dans la boisson n’ira pas creuser au fond du problème. Mathis ne dira rien ni à sa mère ni à leur professeur de la situation de Théo bien qu’il se rende compte que boire n’est plus juste un jeu. Il ne veut pas trahir les secrets de son ami.

L’écriture

Delphine de Vigan donne un rythme rapide à son récit. Les personnages ne se perdent pas en circonvolutions et états d’âmes sans fin. Il se lit de fait très facilement et rapidement. En une soirée vous l’aurez terminé. On se rapprocherait presque du format de la nouvelle.

Vous alternerez de chapitre en chapitre entre les points de vue des quatre protagonistes.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui tranche dans le vif du sujet sans ressentir le besoin d’en faire des tonnes juste pour faire durer et noircir des pages.

J’ai essayé pour vous…Le Lambeau de Philippe Lançon

Le lambeau

Le Lambeau est classé 9e/18 des livres les plus populaires de l’année 2018 selon Babelio. Ce roman est paru aux éditions Gallimard en Avril 2018. Il a remporté le prix Femina la même année. Il paraîtra en format poche, toujours chez Gallimard, en Janvier 2020.

A quoi s’attendre ?

Philippe Lançon est journaliste à Libération et Charlie Hebdo. Il fait partie des survivants de l’attentat visant le journal satirique, laïque et joyeux. Son visage est mutilé. Une balle a emporté une bonne partie de la mâchoire.

Son récit autobiographique débute la veille de l’attentat contre Charlie Hebdo et se termine le jour de l’attentat au Bataclan.

Une grande partie de cette période se déroule dans l’univers hospitalier de la Pitié Salpêtrière où le service de chirurgie maxillo-faciale oeuvre de son mieux pour le reconstruire physiquement. Tandis que lui doit se reconstruire moralement, avec le soutien de sa famille, de ses amis, la musique, l’écriture et les livres.

Le lambeau fait référence au terme technique utilisé par le corps médical.

L’écriture

Chroniqueur de sa propre reconstruction, M Lançon ne fait pas dans l’auto-apitoiement. Il décrit, 3 ans après l’événement, de façon quasi distanciée, les états d’âme qui l’on parcouru aux différentes étapes de son nouveau lui. Avec beaucoup de bienveillance et d’humanité.

Ceux du jour même. L’horreur. La trouille. La mort.

Ceux du survivant qui doit continuer à vivre pour redevenir plus proche des vivants que de ceux qui ne sont plus.

Un témoignage poignant. D’un point de vue historique mais surtout humain. L’expression également de sa reconnaissance vis à vis de tous ceux qui l’ont porté: les proches, le personnel médical, les policiers qui ont composé sa garde rapprochée.

A lire. Parce que cet attentat a constitué un tournant dans l’histoire de notre pays. Pour sa portée littéraire car il est incroyablement bien écrit. Le maelstrom de sentiments contraires qui sont les siens pendant cette épreuve, flirtant avec la folie sans jamais y succomber, forcent le respect.